Pour la 2nde fois depuis mai, l’Europe subit une vague de chaleur. Le mercure a de nouveau dépassé les 40°c : l’air se fait rare, la pluie est aux abonnées absentes (bientôt on dansera comme à Boa Vista quand 2 gouttes tombent) et les nuits s’apparentent à un épuisant calvaire tropical. Si la brocante annuelle avait pu se tenir en mai, cette fois-ci les hôpitaux sont débordés et le 2e jour de la fête de la ville a dû être annulé in extremis. La fête de la musique est quant à elle repoussée à 19h par la préfecture : bonjour la déprime ! Il existe un célèbre slogan dans les manifs écolos “on est plus chaud que le climat”. Aujourd’hui, je suis en colère non pas contre les patients admis aux urgences ou les habitants des bouilloires thermiques retrouvés morts à leur domicile – mais contre les dirigeants inconséquents qui se succèdent depuis 75 ans et repoussent le moment où il faudra agir. Pour préserver les intérêts capitalo-industriels des pollueurs, CQFD.
Règne donc une ambiance de ville morte au drôle de goût de confinement. Je suis sortie, prétextant un concert dans le quartier initialement prévu à 16h. Sans surprise, aucun zicos ni note jouée à l’horizon sonore et il est fort probable que le concert ait été reporté ou annulé. Désœuvrée, je fonce déambuler dans la ville à pas rapides et feutrés, afin de minimiser au maximum le contact de mes plantes de pied avec le sol brûlant ou fondant (des cloques sous forme de peaux mortes apparaîtront quelques jours plus tard), la place de l’Hôtel de ville constituant l’épreuve ultime (et infranchissable).
Ma traversée Sud-Nord s’apparente visuellement à une drôle de gymnastique pédestre à la recherche de l’ombre du bon côté du trottoir. Au programme de ma brève et chaude virée : un saut à la ferme urbaine déserte avec le spectacle triste des brebis allongées sur le gazon brûlé, au parc Rosa Bonheur (ex Larousse) avec les poules complètement assommées par la chaleur, à l’EHPAD Laforest (l’une des 3 salles réfrigérées de la ville) hélas interdit d’accès le WE, une sono à fond faisant croire à un live afro (mais ce n’est qu’un bar cherchant à attirer le chaland), un DJ grisonnant qui commençait prématurément à installer ses platines pour fête de la musique à la Tréso.


