Si vous observez attentivement le générique de fin d’un film sorti en salles entre 1935 et 2011, vous avez de grandes chances de voir apparaître dans les dernières secondes un logo représentant un triangle rouge avec 3 lettres énigmatiques : LTC. Traduction : le Laboratoire de Traitement Cinématographique, situé à Saint-Cloud. Concrètement, avant l’arrivée et la généralisation du numérique, il s’agissait du labo photochimique qui effectuait le développement positif et et dupliquait du 35 mm. Faute d’avoir fait évoluer le matériel et formé le personnel – qui travaillait au passage dans des locaux insalubres sans protection, le sulfureux dirigeant Tarak Ben Ammar multi-condamné a causé la disparition du plus vieux laboratoire de postproduction cinématographique, tout de même même recensé à l’inventaire général du patrimoine culturel.
En 2016 et 2017 ont eu lieu plusieurs projections du documentaire “les 115 au finish”, réalisé par Jean-Christophe Martin, ancien employé de cette entreprise réputée familiale et visible en intégralité sur YouTube, sur 3 derniers jours (après des semaines de grève et de blocage, cqfd).
Quand j’ai exploré les bâtiments – en grande partie plongés dans le noir – en 2015-2016, à la vision de milliers de bobines pêle-mêle (non développées) et des étranges machines, j’essayais de me remémorer les explications techniques de mon ami Jean-Charles qui y avait bossé au début des années 2000. Détail sympathique de la visite : les nombreuses affiches de film qui tapissent la plupart des pièces. Last but not least : la salle de projection où se sont assis les plus grands réalisateurs pour faire des tests de pellicule et vérifier la qualité vidéo, l’étalonnage, le grain, etc.



